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LE CIRCUIT DU MÉDICAMENT (1/3) : ENTRE PROBLÈME DE SANTÉ PUBLIQUE ET CLÉ ESSENTIELLE DE L'AMÉLIORATION CONTINUE

1081 événements indésirables graves associés aux soins (EIGS), dont 362 en raison d’erreurs médicamenteuses, ont été déclarés à la Haute Autorité de Santé en 2020.

Ce chiffre, en soi important, n’est toutefois que la partie émergée d’un gigantesque iceberg : en 2009, une retentissante enquête ENEIS rapportait que les erreurs liées au circuit du médicament provoqueraient 50 000 événements indésirables graves par an, soit près d’un tiers des EIGS.

Face à cet évident problème de santé publique, la Haute Autorité de Santé se mobilise afin de sécuriser du circuit du médicament.

Elle rappelle que la sécurité des médicaments est une clé essentielle de l’amélioration continue des soins apportés aux patients. Et elle intègre des critères impératifs au sein de la nouvelle certification des établissements de santé pour la qualité des soins, et du dispositif d’évaluation des établissements sociaux et médico-sociaux.

Pour en savoir plus sur le circuit du médicament et ses enjeux, AGEVAL vous informe, en 3 points :

1. Qu’est-ce que le circuit du médicament ?
2. Quel est l’objectif du circuit du médicament ?
3. Quelles sont les phases du circuit du médicament ?

DÉFINITION DU CIRCUIT DU MÉDICAMENT

Intéressons-nous, pour commencer, à ce qu’on désigne par « circuit du médicament ».

Dans son guide des Outils de sécurisation et d’autoévaluation de l’administration des médicaments, la HAS apporte une définition. Il s’agit du parcours effectué par le médicament, de sa prescription au patient jusqu’au suivi de ses effets.

Pour des raisons de simplification, nous nous concentrons sur le circuit « clinique » du médicament, qui correspond à la prise en charge médicamenteuse du patient.

Nous écartons le parcours « logistique » du médicament, quand, en tant que produit, il est mis sur le marché, acheté et délivré dans une unité de soins avant administration au patient.

Le circuit du médicament correspond donc à la prise en charge médicamenteuse du patient ou de la personne accompagnée, depuis le moment où son traitement est pris en compte jusqu’à l’arrêt du traitement.

L’OBJECTIF DU CIRCUIT DU MÉDICAMENT

La question du circuit du médicament répond à une saisine de la HAS via la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) en juin 2009.

Il est alors demandé à la HAS d’adapter au territoire national des outils d’autoévaluation et d’amélioration de la sécurité d’administration des médicaments, outils eux-mêmes issus de travaux internationaux (notamment américains et canadiens).
Cette saisine fait aussi suite à la forte médiatisation d’accidents graves, ce qui souligne déjà combien le circuit du médicament est un processus sensible.

Dans le sens de cette préoccupation majeure de santé publique, l’arrêté du 6 avril 2011, en particulier son article 1, permet d’ancrer dans les textes l’objectif du circuit du médicament.
Il s’agit de « l’utilisation sécurisée, appropriée et efficiente du médicament chez le patient pris en charge par un établissement de santé ».

 

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LES 4 PHASES DU CIRCUIT DU MÉDICAMENT

Le circuit du médicament voit ses différentes étapes détaillées dans l’arrêté du 6 avril 2011 précédemment évoqué.

 

4 étapes du circuit du médicament

Selon cet arrêté du 6 avril 2011, quatre phases successives composent le parcours du médicament.

 

1. La prescription :

Il s’agit de l’acte par lequel un médecin ou un professionnel de santé habilité indique à son patient les traitements qu’il doit suivre pour se soigner.

Après une phase d’examen et/ou interrogation du patient, le prescripteur effectue un diagnostic et inscrit sur ordonnance les médicaments, dispositifs médicaux ou actes de soins qu’il juge les plus adaptés.

La prescription est rédigée sur un support écrit, l’ordonnance, qui doit clairement et sans ambiguïté préciser tous les renseignements nécessaires au bon déroulement du traitement : nom des médicaments, posologie, conditions de délivrance et de renouvellement, etc…
La prescription est essentielle car elle constitue le point de départ du circuit du médicament et de l’ensemble des processus qui le constituent.

 

2. La dispensation :

Acte placé sous la responsabilité directe du pharmacien, la dispensation est définie dans le code de la santé publique (article R. 4235-48) comme l’acte pharmaceutique associant à la délivrance des médicaments :

  • • l’analyse pharmaceutique de l’ordonnance médicale si elle existe,
  • • la préparation éventuelle des doses à administrer,
  • • la mise à disposition des informations et les conseils nécessaires au bon usage du médicament.

En cas d’anomalie considérée par le pharmacien comme mettant gravement en jeu la sécurité du patient, celui-ci peut refuser la délivrance des médicaments incriminés, à condition de motiver ce refus et d’en avertir sans délai le prescripteur afin de trouver une solution dans les meilleurs délais.

 

3. L’administration :

Effectuée par le soignant, le médecin ou le patient lui-même, l’administration du médicament consiste à donner au patient le traitement médicamenteux qui lui a été préalablement prescrit et délivré.

Cette troisième phase du circuit du médicament repose elle-même sur plusieurs étapes successives :

  • • la prise de connaissance de la prescription médicale,
  • • le contrôle de l’identité et de l’état de santé du patient,
  • • la planification des actes d’administration des médicaments (plan d’administration),
  • • la préparation de l’administration des médicaments,
  • • l’acte d’administration proprement dit,
  • • l’enregistrement de l’acte d’administration,
  • • l’information du patient,
  • • la surveillance thérapeutique du patient.

L’administration du médicament obéit au principe général des 5 B : effectuer les vérifications nécessaires en vue d’administrer la BONNE dose, du BON médicament, par la BONNE voie, au BON moment, au BON patient.
Cette phase est particulièrement critique car, à elle seule, elle concentre 65% des erreurs liées au circuit du médicament.

 

Cliquez sur l’image pour télécharger et imprimer le mémo des 5B : 

Les 5B de l'administration de médicament

 

 

 

4. Le suivi et la réévaluation :

Suivre et réévaluer le traitement fait au patient constitue la dernière phase du circuit du médicament.
Cette étape demande aux professionnels intervenant dans les établissements de santé d’assurer plusieurs missions :

  • • le suivi clinique et biologique du patient,
  • • le suivi des actes de soins administrés au patient,
  • • l’observance du traitement médicamenteux,
  • • ces trois types de suivis conduisant enfin à l’évaluation de la balance risques/bénéfices du traitement pour le patient.

Nous le voyons, les quatre phases constitutives du circuit du médicament font intervenir des protagonistes successifs, dans des temporalités et des lieux potentiellement différents.
S’ajoutant à cela les forts enjeux de santé publique derrière la prise en charge médicamenteuse du patient, il est naturel de souligner que le circuit du médicament est un des processus les plus à risques du parcours du patient.

 

Pourquoi cette complexité du circuit du médicament ? Quels sont les risques et les erreurs les plus fréquentes associées au circuit du médicament ?

Notre prochain article répond à toutes vos questions.

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Article publié le 24 01 2022 - par Ageval